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Apprendre la musique avec plus d’instrument et moins de solfège

La musique est un art qui s’apprend par l’oreille et pas par la vue, on n’apprend pas à lire et à écrire à un bébé qui ne sait pas parler.

Attention! Cet article n’est pas un plaidoyer contre l’apprentissage du solfège mais force est de constater que l’enseignement de la musique au conservatoire et dans les écoles en France est encore trop axé sur la lecture et l’écriture.

C’est un fait, il est impossible (ou presque) de commencer l’apprentissage d’un instrument de musique à l’école ou dans les conservatoires sans passer d’abord par le solfège. Pourtant, si l’on y réfléchi, nous n’avons pas appris notre langue maternelle en commençant par apprendre à lire et à écrire.

C’est exactement l’approche pédagogique que prône le jazzman violoniste Didier Lockwood.

Je vous invite à lire l’article du journaliste François Guillot publié par l’Agence France-Presse (AFP) suite à la rencontre de Didier Lockwood et du premier ministre Manuel Valls à Matignon pour la remise des propositions des bonnes pratiques permettant l’accès le plus large et le plus direct à la pratique musicale.

Apprendre la musique avec plus d’instrument et moins de solfège.
Le jazzman Didier Lockwood remet des propositions à M. Valls.

Le jazzman Didier Lockwood et le Premier ministre Manuel Valls à Paris, le 21 juin 2016 afp.com
Le jazzman Didier Lockwood et le Premier ministre Manuel Valls à Paris, le 21 juin 2016 afp.com

Plus d’instrument, moins de solfège, « faire rentrer directement les enfants dans le jeu de la musique« : le jazzman Didier Lockwood a remis mardi à Manuel Valls, en pleine Fête de la musique à Matignon, un rapport sur l’apprentissage de la musique.

Le violoniste, qui s’inquiète d’une enfance « formatée » et en « panne de sens », veut notamment développer le « senti rythmique » et la conscience du corps, et repousser l’apprentissage de la lecture et de l’écriture de la musique après onze ans, pour apprendre d’abord à « s’exprimer » en musique.

Certaines approches pédagogiques non académiques, à l’instar des méthodes manouches par exemple, qui, en s’appuyant essentiellement sur la transmission orale, l’incorporation et le mimétisme, donnent d’époustouflants résultats.

« Il ne faut pas aller dans la caricature, le solfège c’est le solfège. Mais je pense qu’il faut faire rentrer les enfants directement dans le jeu de la musique, comme on le fait au Venezuela par exemple », explique le musicien à l’AFP en sortant de son entrevue avec M. Valls.

« Les enfants ont envie de jouer de la musique et de l’apprendre en la jouant, comme on apprend le football dans la rue finalement souvent. La musique est un art qui s’apprend par l’oreille et pas par la vue, on n’apprend pas à lire et à écrire à un bébé qui ne sait pas parler » (Didier Lockwood)

Transmettre aujourd'hui la musique - Rapport de M. Didier Lockwood
Cliquez pour lire le rapport : Transmettre aujourd’hui la musique de M. Didier Lockwood

Le rapport préconise de favoriser des approches pédagogiques plus directes reposant sur l’oralité, pour les conjuguer progressivement avec d’autres méthodes plus théoriques fondées sur l’écriture, avec comme principe central de permettre aux enfants de pratiquer tout de suite l’instrument sans passer par l’apprentissage du solfège.

Dans une période d’attentats, « la culture doit perdurer, la musique est vraiment un langage réconciliateur« , a souligné M. Lockwood, alors que les premières notes d’un concert organisé pour la Fête de la musique montaient de la cour de Matignon.
Le musicien a exprimé des inquiétudes sur une enfance trop « formatée » par la technologie moderne et en « panne de sens ».

« Il y a une perte de mémoire extraordinaire, on va un peu vers une fin de civilisation. Je vais personnellement dans les classes et je peux vous dire que c’est terrible. Pour les gamins, Beethoven c’est un chien, Picasso c’est une voiture! », s’inquiète-t-il.

« Il faut aller voir. Ces enfants ont du talent, mais j’ai l’impression que la société les met dans une sorte d’hypnose, comme s’ils étaient formatés à travers tous les réseaux sociaux. Ils sont remplis d’informations qu’il ne contrôlent plus, ce n’est que du virtuel. Comme on vit par les sens, ces enfants là sont dans une véritable panne des sens« , juge-t-il.

21/06/2016 19:13:18 Paris (AFP) © 2016 AFP
Source : http://www.lepoint.fr/culture/moins-de-solfege-plus-d-instrument-le-jazzman-didier-lockwood-remet-des-propositions-a-valls-21-06-2016-2048594_3.php

Et vous, êtes-vous favorable à ce type d’approche pédagogique pour apprendre à jouer de la musique ?

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Bien amicalement,

Cédric Charaudeau

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Une réponse sur « Apprendre la musique avec plus d’instrument et moins de solfège »

En tant que pianiste de formation conservatoire, ayant vu des adultes, des enfants, des américains faire de la musique avec une approche moins théorique, plus basée sur les accords et le placement des doigts, sans aucune lecture de clé de sol ou fa, les résultats sont frappants : du feeling et du plaisir rapide (« apprendre » des nuances à 14 ans au conservatoire…) Reste que les connaissances théoriques apportent un plus à long terme ou en groupe, ainsi que les techniques de vélocité, les gammes, les arpèges. Certes plus en Jazz qu’en Blues ou Rock ou musique Electro avec les arpégiateurs !

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